Mémoire de Thonier – Patrick Pustoch

Mémoire de Thonier – Patrick Pustoch

Au-delà des résultats, des saisons qui défilent et des générations qui se succèdent, l’US Concarneau est avant tout une histoire d’Hommes, de visages et d’instants qui demeurent gravés dans la mémoire collective. Avec « Mémoire de Thonier », nous souhaitons raviver ces souvenirs, mettre en lumière celles et ceux qui ont contribué à forger l’identité du club, et transmettre aux supporters d’aujourd’hui le parfum des époques qui ont construit notre histoire.

Parmi les moments marquants de l’histoire récente de l’US Concarneau, certaines épopées en Coupe de France restent gravées dans la mémoire des supporters : le premier seizième en 1982 face à Brest, puis le second, après un long déplacement jusqu’à Limoges. Des saisons où un groupe de Sud-Finistériens a su poser les premières pierres de l’US Concarneau dans l’antichambre du football professionnel.

Pour ce nouvel épisode de Mémoire de Thonier, nous revenons sur les prémices de l’US Concarneau en troisième division avec un homme qui l’a vécue de l’intérieur : Patrick Pustoch. Arrivé au club dans les équipes jeunes à la fin des années 70, il intègre l’équipe première en 1977. Il évolue sous la tunique bleue jusqu’à la fin des années 90, marquant plusieurs décennies de l’histoire du club. Patrick nous raconte ses débuts, ses souvenirs et sa vision du club, tout en illustrant son attachement profond à l’USC et à sa ville.

Le lien avec le club et la ville

D’où vient ton attachement à l’US Concarneau ?
À la base, on était un groupe de jeunes qui jouait au Cercle Laïque, rue du Lin. Quand la section football s’est montée à l’US Concarneau, Jacques Piriou faisait partie de ce groupe de copains qui aimait le foot, comme nous tous, et c’est naturellement que nous avons rejoint le club ensemble. Cet esprit de proximité, de simplicité et d’amitié a toujours existé et fait, selon moi, partie de l’ADN de l’USC.

Des débuts précoces à l’USC

Peux-tu nous raconter comment a débuté ton histoire avec l’US Concarneau ?
J’ai commencé le football à l’US Concarneau à l’âge de 9 ans, en catégorie pupilles. Les entraînements avaient lieu tous les mercredis. À cette époque, les moyens étaient modestes : il arrivait que nous n’ayons qu’un ballon pour dix joueurs. Il n’y avait pas encore de championnat officiel, seulement des matchs amicaux contre les clubs des environs, comme Quimper. Le championnat a débuté deux ans plus tard, en catégorie benjamins.

Très jeune, j’étais déjà attaché au club. Je me souviens encore de ma première tenue de l’USC, j’étais fier de la porter, j’ai même dû dormir avec (rires). La passion était déjà là.

L’arrivée chez les seniors et les premières saisons

À quel moment passes-tu chez les seniors ?
J’ai intégré la catégorie seniors vers 17-18 ans. J’ai d’abord évolué avec l’équipe B, puis j’ai fait mes débuts en équipe première en Division 3 à l’âge de 18 ans et demi. C’était lors de la saison 1976-1977, une année marquante puisqu’on est passée tout près de la montée, à égalité de points avec Guingamp, c’est la différence de but qui nous à départagé.

En 1980, j’ai connu une blessure importante avec une rupture des ligaments croisés antérieurs, puis deux ans plus tard sur l’autre genou. Malgré cela, j’ai pu reprendre assez rapidement à chaque fois et je n’ai pas gardé de séquelles par la suite.

Les épopées en Coupe de France

La Coupe de France occupe une place particulière dans ton parcours.
Oui, notamment le parcours de 1982. Le match contre Vannes reste un souvenir très fort. Nous égalisons en toute fin de rencontre grâce à Naour, dans un stade de Quimper plein, et nous nous qualifions ensuite aux tirs au but.

En 16ᵉ de finale, nous affrontons le Stade Brestois, alors en Division 1. Le match aller se joue à Quimper, car nous ne pouvions pas recevoir à Concarneau. La différence de niveau est nette : nous perdons 3-0 à l’aller puis 5-1 au retour. Malgré tout, ce parcours a marqué durablement le club et la ville, et l’engouement populaire était énorme.

Lors de la saison 1985-1986, on dispute un second 16ᵉ de finale de Coupe de France avec les Thoniers, cette fois face à Limoges. Le match aller est très serré et se termine sur un nul. Le retour est un vrai bourbier : la neige complique le déplacement, le trajet en bus pour aller à Nantes prend six heures au lieu de deux, puis nous terminons en train pour arriver seulement une heure et demie avant le match. Nos supporters, eux aussi retardés, n’arrivent qu’à la 35ᵉ minute. Malgré ces conditions difficiles, nous réalisons un grand match, mais nous perdons 1-0 dans les toutes dernières minutes.

Les années de championnat et la stabilité du club

Comment évolue ensuite l’USC dans les années suivantes ?
Au début des années 80, le club naviguait entre la Division 3 et la Division 4. La saison 1986-1987 a été difficile. Nous avons eu du mal à démarrer le championnat et nous avons assuré notre maintien en Division 4 à deux journées de la fin. Malgré cela, les supporters sont toujours restés derrière nous.

L’année suivante, en 1988-1989, le club se renforce, l’effectif est plus large et plus solide, et nous réussissons à monter en Division 3 en toute fin de saison.

La Coupe de France et le déplacement à Tahiti

Un autre moment marquant reste la Coupe de France 1989 à Tahiti.
C’est un souvenir très fort. Le voyage s’est très bien déroulé, c’était avant tout une bande de pote, nous sommes restés une dizaine de jours sur place. L’accueil a été remarquable, notamment de la part des Bretons sur place, avec les binious à l’aéroport. Je m’en souviendrai toujours, c’était assez spécial.

Le match a été bien préparé, notamment pour gérer le décalage horaire. Nous avons gagné la rencontre 4-0. Je me suis malheureusement blessé à la cheville lors de ce match, ce qui m’a empêché de jouer le suivant contre Quimper.

La fin de carrière et les dernières montées

Jusqu’à quel âge as-tu joué à l’USC ?
J’ai joué jusqu’à l’âge de 32 ans en équipe première. Ensuite, je suis parti une saison à Elliant comme entraîneur-joueur, puis une saison à l’AS Rosporden. Je suis ensuite revenu à Concarneau. À l’origine, c’était pour jouer en vétérans, puis finalement j’ai aussi rejoué en équipe C et en équipe B. Nous n’étions que des anciens, l’ambiance était très bonne, et nous avons même réussi à faire monter l’équipe.

Au total, je dirais que j’ai connu quatre ou cinq montées avec l’USC, toutes équipes confondues, même s’il y a aussi eu des descentes, malheureusement.

Regard sur l’US Concarneau d’hier et d’aujourd’hui

Que représentait pour toi le fait de porter le maillot de l’USC ?
C’était une vraie fierté. L’US Concarneau est le club phare de la ville. Quand on est jeune, on rêve de porter le maillot de l’équipe première. Les matchs en lever de rideau donnaient déjà envie d’y être un jour. Je me souviens que l’on jouait avant l’équipe première, et ça comptait beaucoup, nous les gamins que nous étions nous avions qu’une envie c’était de rejoindre le groupe de l’équipe première.

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’évolution du club ?
Le club s’est structuré et professionnalisé au fil des années, ce qui est normal pour continuer à progresser. Bien sûr, l’identité a un peu évolué, comme partout ailleurs, mais pour moi l’USC reste un club familial, attaché à ses valeurs et à la ville. Le nouveau stade va marquer une étape importante, avec de meilleures infrastructures pour les joueurs et pour les supporters et ça c’est une bonne chose.

Le club a été bien géré depuis longtemps, notamment grâce à la famille Piriou, qui a beaucoup apporté au club et à la ville de Concarneau. Leur travail a permis au club de se développer tout en gardant son âme. Aujourd’hui, l’USC est solide et a de belles perspectives.

Un message pour les générations actuelles

Quel message aimerais-tu transmettre aux joueurs actuels et aux jeunes ?
Pour moi, le plus important, c’est de continuer à représenter les couleurs de l’USC comme ils le font aujourd’hui. L’osmose entre les joueurs, le staff, les dirigeants et surtout les bénévoles a toujours été essentielle au club et elle l’est encore. Sans eux, rien ne serait possible. C’est ça, l’identité des Thoniers.

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